La chirurgie percutanée du pied

Il s’agit d’une technique développée en Amérique du Nord depuis trente ans qui a pour but de régler de nombreux problèmes par des incisions minimes. Cette technique ne permet pas de tout traiter et les techniques traditionnelles peuvent garder des indications dans les formes très évoluées.

La chirurgie percutanée va permettre, entre des mains entraînées, d’effectuer des ostéotomies (sections osseuses), des allongements tendineux et des libérations articulaires.

Pour cela il est nécessaire d’utiliser :

  • un appareil de radiologie que l’on nomme un amplificateur de brillance qui permet d’avoir des repères anatomiques précis et de donner des données sur l’avancée des coupes osseuses.
  • Un micro moteur avec des micro fraises.
  • De petits instruments adaptés à l’incision.

La technique va dépendre de la gravité de l’hallux valgus analysé à l’examen clinique et radiographique :

  • Réductibilité
  • Valeur de l’angle entre les deux premiers métatarsiens

Dans les formes graves :

  • Enlever une partie de « l’exostose »
  • Pratiquer une ostéotomie du col pour redresser la surface articulaire
  • Libérer l’articulation métatarso phalangienne du premier rayon
  • Pratiquer une ostéotomie de la base de P1 pour finir de redresser le gros orteil
  • Réaliser une ostéotomie de soustraction de la base de M1 pour diminuer l’angle entre M1 et M2

Ces différentes ostéotomies permettent de redresser l’axe du premier rayon.

Pour permettre une bonne stabilisation de ces réorientations osseuses, des vis sont mises en place toujours en percutané.

Ces vis sont très bien tolérées et sont généralement laissées en place de façon définitive.

Dans les formes moins sévères

Au niveau du premier métatarsien, on va réaliser une ostéotomie en biseau qui s’apparente à une ostéotomie en chevron.

Une découpe complète de la partie distale va être effectuée avec une translation externe, stabilisée par une vis.

Puis il faut libérer l’articulation métatarso phalangienne du premier rayon et pratiquer une ostéotomie de la base de P1.

Bien sur cette chirurgie du premier rayon peut-être complétée par une chirurgie des rayons latéraux

Cette opération est généralement réalisée sous anesthésie loco-régionale, bloc nerveux (on endort que la jambe)

L’opération dure environ une demi-heure.

L’hospitalisation est soit ambulatoire soit de faible durée (48h).

Vous portez une chaussure spéciale pendant quatre à six semaines.

La durée de l’arrêt de travail est de un à trois mois selon :

  • le type de travail effectué,
  • le type d’opération

Pour le sport attendez quatre mois pour reprendre des sports qui nécessitent un contact du pied avec le sol. Cyclisme et natation peuvent être repris plus précocement.

Quoiqu’il en soit l’opération limite la douleur et vous permet de mieux vous chausser et de mieux marcher.

AVANTAGES DE LA TECHNIQUE

L’absence de grandes ouvertures supprime une grande partie de l’agression chirurgicale pour les différents tissus du pied. Cela simplifie les suites immédiates pour le patient :

  • cette intervention est moins douloureuse,
  • elle permet donc une reprise de la marche quasi immédiate.
  • L’hospitalisation peut se faire en ambulatoire.
  • Les complications sont beaucoup plus rares:
    • Les infections sont exceptionnelles et quand elles existent,elles répondent mieux au traitement car la vascularisation des tissus a été moins endommagée.
    • Les problèmes de cicatrisation ne dépassent pas deux à trois semaines du fait de la petite taille des cicatrices.
    • Les phlébites sont quasiment inexistantes car la chirurgie est faite sans garrot, la reprise de la marche en appui est immédiate et un traitement vous sera prescrit après l’opération.
    • Les défauts de consolidation osseuse sont très rares, il est toutefois indispensable de suivre les consignes de votre chirurgien: ne pas toucher au pansement qui joue un rôle de contention, marcher avec une chaussure à semelle rigide.
    • Enfin de façon exceptionnelle une algodystrophie peut survenir.

SECONDAIREMENT

Il sera indispensable de faire un bilan de podologie pour compenser les problèmes d’appui qui ont entraîné l’apparition des déformations.

Pour de plus amples renseignements, parlez-en à votre chirurgien ou à votre podologue.