Pourquoi une prothèse : la coxarthrose


L’arthrose de la hanche ou coxarthrose

La coxarthrose est l’usure de l’articulation entre le fémur et le bassin. Cette usure des surfaces articulaires,du cartilage , modifie le fonctionnement de la hanche.

Le cartilage initialement lisse perd peu à peu ses qualités,son épaisseur diminue et il tend à disparaître complètement. Le cartilage se ramollit tout d’abord, puis perd de sa cohésion et se fissure, ce qui peut entraîner la disparition de segments complets de cartilage. Il y a la formation d’excroissances osseuses , la surface de contact est plus importante mais cela nuit aux mouvements de l’articulation et des tendons adjacents.

Ces altérations rendent les mouvements de la hanche difficiles et douloureux.

L’évolution est extrêmement capricieuse. Dans les formes débutantes,les poussées arthrosiques se traduisent d’une part par des douleurs à la marche, diminuant au repos et d’autre part par une impotence fonctionnelle très variable.

Avec le temps, les douleurs se déclenchent au cours d’ efforts de moindre importance puis elles deviennent permanentes (même au lit).

La zone douloureuse peut être variable allant de l’aine, à la fesse ou au genou.

l’arthrose de hanche entraîne une diminution de la mobilité, une déformation, un épanchement et une diminution de volumes des muscles.

Les blocages douloureux de la hanche et la fonte musculaire entraînent une boiterie sévère avec une limitation importante du périmètre de marche.

Elle peut avoir des répercussions sur les articulations voisines : le rachis lombaire et les genoux, entraînant une dégradation par dysfonctionnement régional.

L’arthrose est confirmée par radiologie avec des radiographies simples montrant progressivement la destruction articulaire. Quatre types de signes peuvent être recherchés, isolés ou associés :

  • Le pincement de l’interligne articulaire, global ou partiel, qui traduit la diminution de l’épaisseur et la détérioration des cartilages.
  • L’ostéocondensation qui intéresse la lame osseuse sous le cartilage et les travées de l’os spongieux sous jacent.Elle est secondaire à des excès de contraintes mécaniques.
  • Des géodes d’une taille variable, arrondies ou ovalaires,qui correspondent à des nécroses osseuses par ischémie ou à des kystes synoviaux.
  • Des ostéophytes qui sont des constructions osseuses péri articulaires réactionnelles à l’usure de l’articulation.

Parfois dans les formes débutantes des examens plus élaborés peuvent être réalisés à la recherche d’une lésion du cartilage ou de la trame osseuse :
Le scanner permet de réaliser aisément différentes mesures de densité, de surface, de distance . le scanner permet aussi le diagnostic de certaines étiologies (dysplasies, malpositions articulaires, anomalies rotationnelles ….) .
De même certaines conséquences de l’arthrose sont bien analysées par un examen tel que l’ Image par Résonance Nucléaire (IRM).

La radiologie conventionnelle contribue aussi à la recherche des étiologies:

  • locales : malformations épiphysaires, séquelles traumatiques ;
  • régionales : anomalie de la statique rachidienne, anomalie rotationnelle des membres inférieurs,
  • générales (chondrocalcinose articulaire diffuse….)

Cette recherche peut donc conduire à la réalisation de bilans radiologiques très précis : coxométrie, télémétrie des membres inférieurs, radiographie d’autres sites…

Que l’arthrose soit primitive ou secondaire il faut toujours rechercher d’éventuelles complications : subluxation, dislocation articulaire, ostéochondromatose synoviale secondaire

Son origine peut être :

Primitive, c’est-à-dire sans cause apparente.Il existe souvent une prédisposition familiale et l’arthrose touche généralement plusieurs articulations. On ne connaît pas la cause de l’arthrose.

Elle est facilitée par le surmenage ou le stress mécanique,le transport de lourdes charges par exemple ,des mouvements rapides et répétitifs et enfin des efforts physiques dans des positions extrêmes. Mais Il existe d’autres facteurs de risques comme l’âge, le sexe, l’hérédité, l’obésité, et les maladies des os et des articulations qui ont une origine soit congénitales (présentes à la naissance), soit acquises (au cours du développement). Il est fort probable que la dégénérescence des articulations soit causée par un ensemble de facteurs héréditaires, constitutionnels et environnementaux.

Diminution de la couvertureSecondaire, à une modification anatomique entraînant une diminution de la zone de contact entre deux surfaces articulaires ou à une modification de la sphéricité d’un des composants ou enfin à une modification de la vitalité du tissu osseux.

La coxarthrose secondaire à une dysplasie congénitale ou à une maladie luxante de la hanche. D’origine congénitale, il s’agit d’une malformation apparaissant lors de la croissance osseuse chez l’enfant.le cotyle ne se creusant pas, le col fémoral reste trop orienté vers le haut et l’avant. Cela aboutit à une diminution de la couverture de la tête fémorale par le cotyle ; en fonction de la gravité de cette anomalie on peut être en présence :

  • d’une luxation, c’est la forme la plus grave, les deux surfaces articulaires n’étant plus en contact,
  • de subluxation, forme intermédiaire ou la tête fémorale repose sur la partie supérieure du cotyle qui est déformée,
  • de dysplasie, les deux surfaces articulaires sont en regard mais la zone de contact est diminuée entraînant une fatigue plus rapide du cartilage.

La coxarthrose secondaire à une maladie protrusante. La tête fémorale est trop emboîtée dans le cotyle entraînant une limitation de la mobilité et générant une augmentation de la pression dans l’articulation.

La coxarthrose secondaire à une ostéochondrite juvénile. Durant l’enfance un problème de croissance aboutit à une modification de la tête et de ses qualités entraînant un aplatissement de cette tête fémorale. Il existe donc une modification de la forme d’une des surfaces par rapport à l’autre avec une usure précoce.

La coxarthrose post traumatisme est secondaire, soit à l’arrachement des vaisseaux nourriciers de la tête fémorale, soit à une irrégularité de la surface articulaire après une fracture non réduite.

La coxarthrose secondaire à une ostéonécrose dite primitive. Il s’agit d’une perte de vascularisation d’une partie de la tête fémorale facilitée par certaines maladies métaboliques, certains traitements (cortisone) ou par certaines intoxications prolongées.

Son traitement est basé sur la chirurgie

En phase précoce, une chirurgie correctrice peut-être effectuée lorsque la zone de contact entre les deux articulations est insuffisante : réalisation d’une butée ou d’ une ostéotomie du bassin ou de l’extrémité supérieure du fémur.

En phase plus tardive, lorsque le traitement de la douleur est insuffisant par les médicaments, une chirurgie palliative peut être effectuée : certaines ostéotomies chez le sujet jeune ou la mise en place d’une prothèse totale de hanche.